Metsleauencouleur

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My Watercolor Supplies

5 June 2026

·

13 min read

My Watercolor Supplies

Après des années à tester, accumuler, affiner, voici le matériel que j'utilise désormais au quotidien.

Avant de commencer, une précision qui me tient à cœur : ce qui suit est avant tout le reflet de mes expériences et de mes préférences personnelles. Il existe une multitude d'excellents matériaux que je ne cite pas ici (soit parce que je ne les ai pas testés, soit parce qu'ils ne correspondent simplement pas à ma façon de travailler). Aucun n'est supérieur à un autre. Je ne prétends pas avoir tout essayé, ni détenir la vérité sur la question. Cette liste est une invitation à explorer, pas un modèle à suivre, et elle évoluera certainement encore au fil de mes prochaines découvertes.

Le papier

Je vais commencer par un aveu : j'ai peint mes premières aquarelles sur le papier de mon bullet journal. Et si vous avez déjà essayé, vous savez exactement de quoi je parle : la peinture qui sèche bien trop vite, les feuilles qui gondolent, les fusions impossibles à faire…

L'aquarelle requiert un papier adapté.

On l'entend souvent, et je ne vais pas contredire celles et ceux qui l'ont dit avant moi : à l'aquarelle, le papier compte plus que tout. Plus que les pinceaux, plus que les couleurs.

J'ai peint pendant un moment sur du papier Canson Montval (du papier cellulose, honnête pour débuter) avant de passer au 100% coton, le meilleur papier pour peindre à l'aquarelle. Le papier coton est certes plus cher mais il est aussi celui qui vous permet vraiment de progresser selon moi.

Une astuce pour réduire la facture : achetez de grandes feuilles et découpez-les vous-même aux formats dont vous avez besoin. C'est nettement plus économique que d'acheter des blocs formatés. J'ai même testé le rouleau : c'est un peu extrême, et pas forcément le plus pratique à stocker et à manipuler.

Mes papiers préférés

Et si vous ratez une feuille ?

Le prix du papier coton fait peur, et c'est normal. Mais une feuille "ratée" n'est jamais vraiment perdue. Dans mon atelier, j'ai une petite boîte où je range mes essais manqués (oui oui, ça m'arrive bien plus souvent que vous ne l'imaginez). Je pioche à l'intérieur quand je veux tester une couleur, explorer une technique ou préparer un nuancier. Voir comment se comportent vos pigments sur le même papier que celui que vous allez utiliser ensuite, c'est une information précieuse.

Les carnets

Travailler sur carnet, c'est une autre façon de créer à l'aquarelle. Plus spontané, plus nomade. J'en ai deux que j'utilise régulièrement :

  • Les carnets Etchr en 230 g/m² grain fin : j'étais un peu sceptique au début concernant l'épaisseur mais finalement j'ai été très agréablement surprise — il gondole très peu. Le grain est peu prononcé comparé au papier Arches.
  • Les carnets d'Une Envie de Papier : fabriqués sur mesure par Hélène. L'année dernière, je lui ai commandé un carnet 20×20 avec une couverture en papier japonais et à l'intérieur, du papier Saunders Waterford. Vous choisissez le format, la couverture, le papier intérieur. Je l'adore !

Les pinceaux

Mes pinceaux Schimoni

Avant tout : les pinceaux sont l'outil le plus personnel qui soit. Ceux que j'aime peuvent très bien ne pas vous convenir et c'est normal. Ce que je vous décris ici, c'est le résultat de nombreux tests, d'expériences, d'habitudes.

Une chose à garder en tête : contrairement au papier ou aux couleurs, le pinceau n'est pas ce qui détermine le rendu final de votre aquarelle. Il influence votre confort, votre geste, votre façon de travailler mais n'influencera pas le résultat final directement.

Poils nerveux ou souples, quelle différence ?

  • Les poils nerveux se déforment peu sous la pression, ils gardent leur forme et reviennent en place.
  • Les poils souples, eux, s'écrasent davantage et épousent plus facilement les surfaces.

Ni l'un ni l'autre n'est meilleur : tout dépend de ce que vous cherchez dans votre geste.

Aujourd'hui, mes pinceaux du quotidien sont presque tous des Schimoni, une marque suisse que j'ai découvert il y a plusieurs années et dont je suis devenue ambassadrice en 2025. Voici les modèles que j'utilise :

  • Quill & Soft Quill : mes pinceaux à lavis principaux, en tailles 1 et 5. J'ai fini par apprivoiser les poils un peu plus souples du Soft Quill, et maintenant je les utilise selon mon humeur et la surface à couvrir.
  • Mini Quill : mon chouchou absolu pour les petites zones qui demandent quand même une bonne réserve d'eau. Je n'ai jamais trouvé d'équivalent.
  • All Rounder taille 2 : celui que je prends pour tous les petits détails.
  • Rigger Brush taille 2 : pour les traits fins et linéaires.

Avant de trouver cette marque, je travaillais beaucoup avec les Perla d'Escoda et la gamme synthétique de Silverbrush : deux très bonnes options si vous cherchez des pinceaux ronds fins et nerveux.

Mes pinceaux spéciaux


Les couleurs

Commençons par un chiffre : j'ai plus de 300 couleurs dans mon atelier. Oui, 300. On peut parler d'addiction, je ne vais pas dire le contraire !

Mais avant d'aller plus loin, j'entends déjà la remarque : "autant de couleurs, tu ne mélanges plus rien alors ?" Si, justement. Avoir une grande collection n'a jamais remplacé la recherche — ce moment où l'on tâtonne, où l'on teste une combinaison, où l'on rate et recommence jusqu'à trouver exactement le vert qu'on avait en tête. Certaines couleurs sont fascinantes telles quelles, mais d'autres révèlent quelque chose d'inattendu en mélange. Ce n'est pas l'un ou l'autre : c'est les deux, avec un éventail de possibilités plus large.

Cette collection s'est construite au fil des années, des découvertes, des coups de cœur et d'une vraie fascination pour ce qui se passe quand plusieurs couleurs se rencontrent sur le papier.

Les aquarelles artisanales françaises

C'est de loin ce que je préfère. Les aquarelles artisanales sont fabriquées en petites quantités, souvent par des femmes passionnées, avec des pigments soigneusement sélectionnés. Le résultat : des couleurs qu'on ne trouve nulle part ailleurs, des effets impossibles à reproduire industriellement, et une façon de soutenir un savoir-faire qui mérite d'exister.

  • Atelier Couleurs Grenadine : des collections originales, pleines de couleurs granuleuses et duochromes. Mes préférées : Bleu Russe, Papillon Noir, Exotique, Torride, Jaspe.
  • Les Couleurs VF : très qualitatives, avec un bel équilibre entre couleurs classiques et couleurs granuleuses. Mes préférées : Écorce, Grue Cendrée, Agapanthe, Fougère, Rivière.
  • Le Pigmentarium : des teintes plus transparentes, certaines avec de jolis reflets nacrés. Mes préférées : Avalon, Hullo, Praline, Néréïdes.
  • Jardin d'Aquarelles : très pigmentées, intenses, excellentes en mélange. Mes préférées : Matcha, Pumpkin Spice, Bourgogne.

C'est quoi la granulation ?

Certains pigments, au lieu de se déposer uniformément, forment de petits amas irréguliers en séchant — c'est la granulation. L'effet peut être subtil ou très prononcé selon le pigment et le papier. Sur du coton, elle est particulièrement belle. C'est l'un des effets les plus fascinants de l'aquarelle, et l'une des raisons pour lesquelles certaines couleurs artisanales sont si addictives.

Les pailletées

Une catégorie à part entière car j'adore les utiliser pour ajouter une touche de lumière et de texture à mes aquarelles. Les paillettes changent tout à la lumière : une aquarelle qui paraît ordinaire peut devenir surprenante sous un angle différent.

  • Sparks Aquarelle : des collections thématiques très travaillées, avec des formes de paillettes variées et des rendus vraiment différents d'une couleur à l'autre. Mes préférées : Tituba, Rêve Hivernal, Sylve Dorée, Frondaison, Kogarecha.
  • ClaireChi : originales, lumineuses, très crémeuses. Mes préférées : Sweet Grass, Sparkling Teal, Osmanthus, Hibiscus.
  • Lisilinka : ultra lumineuses, très denses en paillettes. Mes préférées : Cashmere et Moon.

Les industrielles

  • Schmincke : crémeuses et se réactivant facilement. Leur gamme Supergranulation vaut vraiment le coup d'œil.
  • Daniel Smith : ma marque industrielle préférée, la seule que j'utilise encore maintenant. Les couleurs à base de minéraux véritables comme la Green Apatite Genuine ou la Serpentine Genuine sont dans une catégorie à part. Mes préférées : Lunar Blue, Burnt Umber, Green Apatite Genuine, Serpentine Genuine, Undersea Green.

J'ai aussi testé récemment la marque A.Gallo : j'ai beaucoup aimé la variété de leurs couleurs, certaines plus classiques que d'autres mais très sympas à travailler, avec des degrés d'opacité très variables d'une couleur à une autre.

Par où commencer quand on débute ?

Pas besoin de 300 couleurs pour bien peindre — ça je peux vous l'assurer. Commencez par une palette restreinte de 10 à 12 couleurs de qualité (extra-fine si possible), puis agrémentez au fur et à mesure selon vos sujets de prédilection et les effets que vous recherchez.


Autres outils

Au-delà du matériel classique, il y a tout un tas d'outils qui se sont glissés dans mon quotidien et dont je ne pourrais plus me passer.

Les palettes en céramique

Je n'ai jamais vraiment aimé mélanger mes couleurs sur du plastique ou sur le métal des palettes d'aquarelle classiques. La céramique, c'est autre chose : la couleur s'y étale mieux, les mélanges sont plus fluides, et le nettoyage est d'une facilité déconcertante. Sans parler de l'esthétique.

Pas besoin de dépenser cher : un petit plateau en céramique ou une assiette blanche font très bien l'affaire. J'avais trouvé un plateau rectangulaire chez Monoprix que j'utilise encore régulièrement. L'important, c'est la surface, pas l'étiquette.

J'en utilise plusieurs en parallèle selon le nombre de couleurs et les projets en cours. Comme je travaille beaucoup en série, c'est particulièrement pratique : pas besoin de nettoyer entre deux aquarelles, pas de pigments gâchés si l'envie de changer d'association de couleurs se présente en cours de route.

Préparer le dessin

Je vais être honnête : dessiner n'est clairement pas la partie que je préfère. Les proportions me donnent du fil à retordre, et je n'ai tout simplement pas assez pratiqué le dessin pour m'y sentir vraiment à l'aise.

Alors je prépare tous mes croquis sur Procreate sur iPad. Le logiciel me permet de corriger, d'ajuster, de recommencer sans abîmer une seule feuille. Une fois le croquis prêt, je l'imprime ou je décalque directement depuis l'écran.

Pour décalquer, j'utilise une tablette lumineuse rétroéclairée : la Gaomon GB4.

Crayons et gommes

Pour le croquis sur papier, j'utilise un critérium 0,35 mm avec des mines H ou HB.

Pour effacer / atténuer les traits :

  • Une gomme de précision Tombow pour les petits ajustements du croquis
  • Une gomme mie de pain pour estomper les traits du croquis avant de peindre afin qu'ils ne se voient pas lorsque l'aquarelle est terminée

Le papier aquarelle a beau être épais, la fibre reste fragile. Un trait de crayon trop appuyé peut la déformer et marquer votre papier pour de bon. La tablette lumineuse me permet de faire un dessin précis qui ne demande pas (ou très peu) de retouches. La gomme mie de pain est pratique pour estomper le trait : on la "tamponne" sur la feuille mais on ne frotte pas. Ainsi le papier reste préservé et cela évite les mauvaises surprises quand on passe à la peinture !

Crayons de couleur et stylos

N'en déplaise aux puristes de l'aquarelle, je trouve qu'il est parfois difficile de réserver de petites zones blanches. Alors j'utilise souvent des crayons de couleur ou des stylos blancs pour ajouter un peu de lumière.

Pour les crayons de couleur, j'en ai testé plusieurs (Caran d'ache, Faber Castell, Lyra…) et je n'ai pas particulièrement de préférence. En avoir un aquarellable et un non aquarellable peut s'avérer utile selon le rendu souhaité.

Pour les stylos blancs :

  • Stylo Gel Sakura Blanc 0.5
  • Stylo Roller Uni-ball Signo Broad Blanc
  • Stylo-bille Neopiko Line White : récemment testé et déjà fan de ce stylo à la fois fin mais aussi très opaque. Dommage qu'il soit si difficile à trouver !

Pour de fins détails et petites écritures dans mes carnets :

  • Pigma Micron Sakura dans plusieurs teintes et tailles (005, 01 en noir, sépia…)
  • Feutre Uni-pin noir 003 ou 005

L'éponge magique

Vraiment utile pour rattraper les petites taches indésirables. Elle a ses limites, elle ne sauve pas tout, mais elle dépanne bien.

Le fluide de masquage

Après en avoir testé plusieurs, c'est finalement le Jacques Herbin que je préfère. Le Schmincke incolore est aussi très bien mais plus difficile à poser avec précision car il est blanc.

Pour appliquer le drawing gum, j'utilise un pinceau dont la pointe est en caoutchouc de la marque AMI, en taille 2.

Le ruban de masquage

Washi-tape, scotch de peinture, ruban adhésif en papier de riz… Ce qui est important c'est la manière de l'utiliser. Il faut prendre le temps de bien le poser, de bien insister dans les coins. Avant de le décoller, s'assurer que l'aquarelle est bien sèche. Ne pas hésiter à utiliser un sèche-cheveux pour chauffer la colle et surtout y aller doucement.

Certains papiers, même avec toutes les précautions du monde, ne supportent ni fluide de masquage, ni ruban de masquage. Pensez à tester au préalable sur une chute.

Mon sceau signature

Un article lui sera dédié bientôt. En ce qui concerne les encres, j'utilise :

  • Encre VersaFine Clair rouge « Fraise »
  • Encre VersaCraft rouge « Cherry Red »
  • Encre VersaFine rouge orangé « Habanero »